Regarder et être vu
4 mars – 2 avril 2006

Dans son exposition « Regarder et être vu », Ivan Messac présentera ses œuvres récentes au sein desquelles il associe le modelage à la peinture. En effet, dans chaque tableau, il modèle des formes dans le polystyrène qu’il remanie par la suite par marouflage, peinture, …
Dans la série des « portraits », Ivan Messac représente le visage de personnages « illustres », connus des amateurs d’art, ou (et) faisant partie de son univers intime. Il maroufle ces « bas relief » en monochrome, à la manière d’un papier peint. Et comme pour tromper le spectateur, il titre ses œuvres de phrases anodines, se rapportant à la couleur. Parfois celui-ci apparaît comme un clin d’œil à l’artiste représenté, comme pour le portrait de Jacques Monory intitulé « Le Grand Bleu » ; d’autres fois il s’annonce comme le nom d’un produit publicitaire dont le portrait en serait l’égérie : « Pschitt citron ». Il crée ainsi une icône qu’il vulgarise, comme une ironie sur la starisation ou l’anonymat que peuvent connaître les « grands » de ce monde.
La série des « télévisions » peut être lue comme une réflexion face aux médias, diffusant tantôt des images édulcorées, tantôt des clichés plus catastrophiques rangés dans la catégorie des faits divers ; nous renvoyant à la société de consommation … d’images. Mais il y a également dans ces tableaux, un retour à l’intime, la mire nous montre les stars que nous admirons depuis notre canapé. L’artiste nous donne l’impression d’entrer dans notre univers proche, il se sert de nos « outils » du quotidien, pour nous parler de nos propres références, induites par la télévision. Un face à face entre ce que nous renvoie notre univers et celui de l’extérieur que nous visionnons en spectateur. Dans le monde actuel, la réalité de l’image devient plus importante que l’évènement lui-même. On est spectateur d’un monde presque virtuel. Autrefois, on était fasciné et ému devant un tableau de Claude Monet, aujourd’hui l’ « Impression soleil levant » devient l’ « Impression » en « Prime Time », la fascination est dans la mire.
Au delà de toute interprétation, nous percevons la superposition (jeu de matière et du « dessus-dessous »), le contraste et le traitement de la couleur qui caractérise l’œuvre d’Ivan Messac. Nous retrouvons également son traitement des images mises en correspondance les unes avec les autres.
Ces deux séries se rejoignent autour du thème de l’icône d’où le titre « Regarder et être vu », celles que l’on regarde à la télévision et celles que l’on vénère en accrochant le portrait dans le salon.
Sarah Mattera, 2005











« Une rétrospective ? vous n’y pensez pas ! »
23 septembre – 15 octobre 2017

Avant de devenir galeriste, Michel Dubois a été sérigraphe. Quant à Ivan Messac, nous savons qu’il a réalisé de nombreuses estampes avec cette technique dans les années 70. Dès 1971, parallèlement à sa série Minorité Absolue, trois sérigraphies éponymes sont publiées et figurent aujourd’hui sur les murs de la galerie. Suivra en 1972 l’album, Les Chieurs, qui fut édité sous le titre policé : Les Enfants Polychromes. Durant ces années les éditions s’enchaînent en France comme en Italie, où l’artiste développe une technique mixte qui mêle sérigraphie et linogravure Nous n’avons que nos mains, éditée en 1974 à Rome par Il Torchio Romano. Néanmoins, la sérigraphie, dont il a appris les rudiments auprès de Merri Jolivet et d’Eric Seydoux dans l’atelier de Guy Rougemont, reste la technique de la plupart de ses multiples avant l’arrivée du numérique.
Entre temps pendant les années 80 et 90, alors que son travail pictural s’éloigne de la Figuration narrative et se rapproche d’abord de l’abstraction puis l’entraine vers la sculpture, il s’approprie la lithographie (Péripéties de l’étoile rouge, 1983) et poursuit ses recherches par le biais de la linogravure (Orage dans la galaxie du 2, 1983). Dans la décennie suivante, alors qu’il se consacre à la sculpture à Carrare, la Stamperia del Bostrico (Savone) lui donne l’opportunité d’aborder l’eau forte comme en témoigne la très belle gravure (2002) en 27 exemplaires présentée dans l’exposition.
Ce n’est qu’à partir de 2004 qu’Ivan Messac revient à la peinture et réintègre les rangs de la Figuration narrative. Parmi ses nombreuses productions des années 2000, il faut souligner le travail de l’atelier Œil de Lynx, imprimeur de l’album My Generation pour le compte d’Anonymouse Editions. Six planches 50 x 50 cm, riches en couleurs, tirées sur PVC souple à 85 exemplaires. Ivan Messac y propose les portraits de Jimi Hendrix, Elvis Presley, Keith Richard, John Lee Hooker, Prince et des Who. On notera aussi la très poétique En passant par Cairanne sa dernière collaboration avec Eric Seydoux.
Ivan Messac prend le tournant numérique en 2012 et, avec l’aide d’Anne-Marie Msili il édite quelques œuvres de petit format. Une première commande viendra des Vignerons d’Avignon pour qui il crée une œuvre à dominante rouge traversée par un filet bleu dont le repérage en sérigraphie fut extrêmement délicat. Depuis, son stylet remplace le plus souvent son pinceau et son iPad sa feuille de papier. En 2015, L’Impression Parisienne lui propose de réaliser une estampe en gaufrage. Il faut des mois pour la mettre au point et finalement, au printemps 2016, Vue elliptique de dos comme de face… est née.
La boucle est bouclée et le tout ressemble bien à une rétrospective.










